Alimenter le cheval de performance – PARTIE 2

Alimenter le cheval de performance – PARTIE 2

Avec l’aide de certains aliments et de quelques bonnes pratiques alimentaires il est possible d’influencer le comportement de notre cheval au travail, de promouvoir son endurance musculaire et de faciliter sa récupération afin de maintenir un bon niveau d’entraînement quotidien et de performer lors des compétitions.


La fatigue musculaire et comment la retarder

Plusieurs facteurs causent la fatigue musculaire et ceux-ci dépendent grandement du type de travail effectué, qui peut être soit aérobique ou anaérobique. Un travail aérobique consiste en un entraînement cardiovasculaire léger où l’oxygène est le principal carburant des muscles. Un travail anaérobique consiste en un entraînement d’intensité élevé où l’apport seul en oxygène n’est pas suffisant pour soutenir le travail musculaire. Le Tableau 1 énumère des exemples de chaque type de travail. Il est important de noter que la condition physique du cheval déterminera grandement de quel type d’entraînement il s’agit au final puisqu’un cheval en mauvaise forme physique manquera rapidement d’oxygène comparativement à un athlète qui aura une grande capacité cardiovasculaire. De plus, la plupart des activités équestres comprennent des phases aérobiques et des phases anaérobiques.

La principale source de fatigue musculaire lors d’un travail aérobique est la déshydratation et la perte de minéraux tels que le sodium, le chlore, le magnésium et le potassium par la sudation. Pour retarder cette fatigue, il est donc conseillé de faire boire le cheval à des intervalles réguliers lors d’entrainements de longues durées et de servir des électrolytes afin de compenser la perte minérale liée à la sudation. En règle général, le sel demeure l’électrolyte le plus utile et le plus accessible. Mettre un bloc de sel près de l’abreuvoir peut donc contribuer facilement à refaire les réserves minérales après le travail. Le foin est également un allié important pour prévenir la déshydratation puisqu’il agit comme un réservoir d’eau et contient des niveaux élevés de potassium et de magnésium.

Du côté du travail anaérobique, la principale source de fatigue musculaire est plutôt l’épuisement des réserves de glycogène musculaire et l’accumulation d’acide lactique. On peut comparer le glycogène musculaire au réservoir d’essence d’une voiture. Tout comme le réservoir d’essence fournit le carburant nécessaire pour faire rouler le moteur, le glycogène musculaire est la principale source de glucose qui  permet de produire l’énergie nécessaire pour performer. L’utilisation de gras dans la ration quotidienne tel que les huiles végétales ou les moulées complètes à haut niveau de matière grasse, contribuent à retarder l’épuisement des réserves de glycogène du cheval en privilégiant l’oxydation des graisses. Le cheval peut ainsi conserver sa puissance sur une plus longue période.

Finalement, la consommation de grains de qualité ou l’utilisation d’une moulée complète à base de grains contribue à refaire plus rapidement les réserves de glycogène musculaire puisqu’ils sont une source importante d’amidon, également formé de molécules de glucose. Par contre, il est recommandé d’éviter de servir un repas riche en sucre et amidon 3 heures avant l’activité physique puisque cela a pour effet d’accélérer l’utilisation des réserves de glycogène et de diminuer l’effet positif des matières grasses. Il faut également attendre une bonne heure après la période de récupération pour servir un repas de concentrés au cheval.

En conclusion, peu importe le type d’entrainement pratiqué, il est important de suivre certaines règles d’or afin de maximiser les performances du  cheval et prévenir tous problèmes digestifs ou métaboliques reliés à l’alimentation :

  1. Assurer l’hydratation du cheval en tout temps : eau fraîche + bloc de sel à volonté;
  2. Toujours nourrir selon la condition de chair du cheval;
  3. Miser sur un foin de qualité servi  en quantité suffisante (1 à 2% du poids minimum);
  4. Ajuster l’alimentation selon le niveau d’exercice et la condition physique du cheval;
  5. Respecter le mode d’emploi des aliments utilisés et ne jamais tomber dans l’excès;
  6. Séparer la ration journalière en plusieurs petits repas ne dépassant jamais 1.5 à 2kg de concentrés/repas (pour un cheval de 500kg);
  7. Avoir des pratiques de régie alimentaire constantes et rigoureuses;
  8. Au besoin, demander conseils auprès de votre expert-conseil La Coop.