L’analyse de foin pour chevaux

Que ce soit pour obtenir des informations précieuses pour équilibrer les rations alimentaires ou pour nous aider à faire un choix éclairé lors de l’achat des fourrages pour les prochains mois, l’analyse de foin s’avère un outil essentiel pour tous les propriétaires de chevaux.

Avant même de faire analyser notre foin, il faut d’abord l’évaluer de la plus simple façon qui soit… par le biais de nos sens! On observe tout d’abord sa couleur. On recherche de beaux fourrages verdâtres ou très légèrement jaunâtres. Un foin brunit est souvent le signe d’une mauvaise conservation ou d’intempéries à la récolte.

On analyse également sa composition. On recherche un foin exempt de mauvaises herbes et de toute autre contamination (feuilles d’arbres, branches, etc.).

Puis, on vérifie sa texture en pliant une bonne poignée entre nos mains. Est-il souple ou a-t’il une rigidité semblable à celle de la paille? En général, plus un foin est mature, plus il sera rigide et plus sa digestibilité sera compromise.

Finalement, on fait aller nos narines! Sent-il le bon foin, ou a-t’il une odeur de poussière ou de moisissure? Ce dernier critère est le plus important de tous puisque le système respiratoire du cheval est très fragile. Si le foin passe notre évaluation sensorielle avec succès, on peut alors aller à l’étape suivante et le faire analyser en laboratoire. S’il ne «passe pas le test» des sens, vaut mieux en magasiner un autre!

L’échantillonnage 

Pour envoyer un échantillon représentatif de notre lot de foin en laboratoire, il est essentiel de respecter certaines règles. Tout d’abord, il est conseillé d’utiliser une sonde à échantillonnage conçue à cet effet.

Ensuite, on multiplie les échantillons! Plus on en prend, plus les résultats d’analyse reflèteront la valeur réelle de notre foin. Si celui-ci est déjà engrangé, on prend des échantillons à travers tout le grenier pour s’assurer d’avoir une représentation de l’ensemble du champ cultivé.

Finalement, on s’assure d’envoyer l’échantillon dans un sac de plastique à l’abri de l’humidité.

Interpréter les résultats

Une fois les résultats d’analyse de foin reçus vient le temps d’interpréter les données. Certaines d’entre elles sont particulièrement importantes afin d’en évaluer la qualité nutritionnelle ou d’équilibrer le programme alimentaire du cheval.

Tout d’abord, le taux de matière sèche (MS) indique le pourcentage du foin qui n’est pas de l’eau, donc le % qui contribue nutritionnellement à la ration. Plus le taux de MS est élevé, plus sa conservation est favorisée et plus faible sont les risques de formation de poussière et de moisissures.

Le pourcentage de protéine brute (PB) varie d’un foin à l’autre dépendamment de sa maturité et de sa composition. Les foins de légumineuses (trèfles, luzernes) contiennent généralement plus de protéine que les foins de graminées (mil, brome, dactyle, etc.). C’est aussi le cas pour les foins moins matures, tels que ceux de 2ième coupe récoltés au mois d’août. Les besoins en PB varient d’un cheval à l’autre selon son âge, son poids, son stade physiologique et son niveau d’activité physique. Les juments poulinières, les poulains en croissance et les chevaux très actifs ont des besoins plus élevés en protéine. Il faut donc s’assurer de servir un foin approprié pour chaque cheval.

Le Tableau 1 donne des exemples de fourrages adaptés pour différents types de chevaux.

Ensuite, les pourcentages de fibres ADF et NDF nous donnent respectivement des indications précieuses quant à la digestibilité du fourrage et à son potentiel de consommation. En général, plus le foin est mature, plus ces valeurs sont élevées et plus la valeur nutritive est compromise. Par exemple, un foin fauché tardivement, ayant un aspect «pailleux» aura vraisemblablement des pourcentages de fibres ADF et NDF plus élevés et sa digestibilité sera moindre qu’un foin fauché plus tôt dans la saison.

L’analyse de foin nous fournit également des informations sur le pourcentage de minéraux majeurs tels que le calcium, le phosphore, le magnésium et le potassium. À maturité égale, un foin de légumineuses contient plus de calcium qu’un foin de graminées. Petit rappel, au Québec les fourrages sont carencés en sélénium, un minéral mineur essentiel pour le cheval.

Puis, le pourcentage de HCNS (hydrates de carbones non structuraux), de sucres et d’amidon nous donne des indications quant à l’apport en glucides. Ceux-ci peuvent avoir un effet sur la glycémie du cheval et sur l’équilibre de sa flore intestinale et sont donc à surveiller lorsque le cheval a déjà fourbé ou souffre de résistance à l’insuline.

Finalement, le taux d’énergie digestible (ED), exprimée en mégacalories par kilogramme de matière sèche, donne un indice quant à la valeur calorique du foin. Plus l’ED est élevée, plus le foin est calorique.

Le tableau fournit des valeurs typiques sur ces différents éléments pour un foin de graminées.

En conclusion, il faut toujours se rappeler que l’analyse sensorielle du foin est aussi importante que celle en laboratoire et que c’est la complémentarité de ces deux évaluations qui nous donne des indices réelles sur la qualité du foin. Les règles d’échantillonnage doivent être respectées afin que les résultats d’analyse de laboratoire représentent le plus fidèlement possible la réalité.

Finalement, les valeurs nutritionnelles des fourrages varient en fonction de leur maturité et leur composition. Il est donc essentiel de choisir un foin adapté aux besoins particuliers de chaque cheval.

N’hésitez pas à consulter votre expert-conseil La Coop pour faire analyser votre foin ou pour vous aider à interpréter vos résultats d’analyse.